Dans cette section, nous avons le plaisir de partager nos
connaissances dans le domaine particulier des traitements thermiques,
que nous pratiquons au quotidien.
(Delta P) :
Ce calcul représente la contrainte de pression supportée mécaniquement
par les parois d'un emballage lors d'un traitement thermique, suivant
la formule :
Delta P = Pression dans l'emballage - Pression de
l'autoclave
Delta P = Pression Interne - Pression Externe
La variation du delta P provient de plusieurs paramètres :
- la variation de la pression externe
- la variation de la température, qui induit une variation de
la pression interne par dilatation, vaporisation (en phase
d'échauffement) ou condensation /rétractation (en phase de
refroidissement).
Remarques sur le
comportement du delta P :
- Pour un emballage rigide (bocal ou boîte métallique de
petit diamètre), la diminution de la quantité de gaz initialement
enfermé dans
l'emballage va accroître la valeur finale du delta P en cas
d'échauffement.
- Pour un emballage semi-rigide ou souple (boîte
métallique de grand diamètre ou emballage plastique), la
diminution de la quantité de gaz initialement enfermé dans l'emballage
va diminuer la valeur finale du delta P en cas d'échauffement.
- Attention : pour un emballage souple (emballage plastique),
le delta P perd de sa pertinence. En effet, il faudrait une déformation
très importante de
l'emballage échauffé pour percevoir une variation de pression. En
général,
l'emballage est dénaturé avant d'afficher une variation significative
du
delta P. L'indicateur exploitable est alors le delta D (déformation de
l'emballage).
Cartographie thermique
:
Ce terme recouvre plusieurs types d'études, de niveau de complexité et
de renseignements très divers. Il
convient d'en préciser la nature.
La terminologie ci-dessous décrit 4 principes
de cartographies thermiques. Dans chaque cas de figure, l'objectif
final est d'obtenir une représentation
spatiale de la dispersion des températures régnant dans l'enceinte d'un
autoclave pour les comparer à une grille d'acceptation préalablement
définie. La première réponse attendue d'une cartographie est donc
l'accord de mise en exploitation du matériel étudié.
Cartographie de
réception :
Pour valider l'installation d'un nouvel appareil ou d'une maintenance
importante sur un matériel, il est possible de procéder à une
cartographie rapide afin de qualifier les phases de chauffage et de
refroidissement. Pour cela, on procède à la répartition de plusieurs
sondes de température sur un plan horizontal dans une enceinte vide.
Cette méthode fournit des informations concernant l'automatisme
(réactivité, précision de la mesure, ...) et permet également de
détecter des défauts importants. Attention, même si la cartographie de
réception
paraît satisfaisante, elle ne présage en rien de ce qui peut se
produire au
niveau des produits traités.
Cartographie d'ambiance :
Dans ce cas de figure, l'autoclave est chargé de produits. L'objectif
est de
relever les températures dans l'ambiance à différents niveaux
de l'appareil. La répartition des sondes est établie de manière à
étudier tout le volume de la charge traitée. Il est recommandé d'avoir
un
minimum de 3 sondes par panier.
Cette méthode est beaucoup plus fine
que la précédente ; elle permet d'étudier complètement l'automatisme
(réglage du PID) ainsi que de s'assurer de la compatibilité entre le
plan de chargement des produits et la performance de l'appareil. Ici,
il sera possible de définir le point froid et le point chaud.
Attention : bien que cette cartographie offre des résultats
intéressants, il
est
recommandé de les valider sur plusieurs formats d'emballages avant de
pouvoir généraliser.
Cartographie de
produit ou Pénétration de Chaleur :
Ici, on pratique comme pour la
cartographie
d'ambiance, à laquelle on ajoute
d'autres sondes de températures, disposées au coeur d'emballages
remplis d'eau (à défaut, de produit). Les informations recueillies sont
encore plus précises et permettent de décrire non seulement
l'homogénéité de l'enceinte en température, mais également en
transfert
de chaleur ; c'est-à-dire la capacité du matériel à chauffer et à
refroidir la charge de façon homogène.
Explication
: l'air, la vapeur, l'eau ou un mélange de ces éléments porté
à une température donnée ne fournira pas la même énergie au produit.
Dans le cas d'un mélange (air / vapeur ou eau / air / vapeur), la
variation des différentes proportions du mélange induit des
fluctuations importantes sur la valeur du transfert de
chaleur. Donc, si les proportions du mélange évoluent avec la position
dans la charge, le transfert de chaleur évoluera de même.
Les écarts de transfert de chaleur impactent directement la dispersion
de la Valeur Stérilisatrice de vos produits. Cette dispersion est
inhérente à la combinaison emballage / matériel de traitement / barême.
Le niveau de précision d'une telle cartographie permet de qualifier la
reproductibilité des cycles et de définir les limites d'exploitation
des appareils vis à vis des produits traités.
Cartographie
maîtrisée :
Notre expérience nous a montré qu'une cartographie pouvait se
solder par un
constat délicat : les critères d'acceptation ne sont pas atteints !
La "cartographie maîtrisée" est une exclusivité développée par AXITHERM
pour éviter de rester bloqué par ce constat désolant.
Nous avons donc étudié différents phénomènes thermiques et mis au point
ce service de "cartographie maîtrisée" réservé à l'usage unique des
autoclaves. En partant d'une "cartographie de produit", couplée à des
mesures de pression,
de déformation et de débit, nous construisons un nouveau barème
(c'est-à-dire un changement de
programmation) qui permet de rejoindre les critères d'acceptation non
atteints par le barème standard.
Cette méthode permet d'obtenir rapidement l'agrément d'exploitation de
l'autoclave sans pour autant allonger le cycle, ni modifier la
VS
(valeur stérilisatrice) ou la VP (Valeur Pasteurisatrice)
minimale, ni investir en équipement.
Notion de point froid
:
L'emplacement de la sonde de température est primordial pour la qualité
du calcul de VS ou de VP. Elle doit être implantée au point
froid, c'est-à-dire le point qui présentera la plus grande inertie à
atteindre la température de palier ou qui, en fin de palier, montre la
température la plus basse.
Selon les propriétés thermiques du produit, le point froid se
recherchera de deux façons différentes :
- pour les produits convectifs : la mesure d'ambiance d'une
cartographie permettra de définir l'emplacement du point froid
dans l'autoclave (le point froid du produit se considère alors au
centre géométrique de l'emballage),
- pour les produits conductifs : la seule cartographie
d'ambiance ne
permet pas de visualiser les écarts significatifs de température. Il
faut procéder à une mesure de température à coeur de produit (cartographie de produit),
car
celui-ci présente une inertie importante.
Valeur stérilisatrice :
La valeur stérilisatrice, couramment appelée VS, décrit le niveau de
destruction microbien obtenu par un traitement thermique. Le résultat
s'exprime en minutes ou, plus exactement, en équivalent-minutes
d'exposition à 121,1°C.
En pratique, la VS est le résultat d'un
calcul issu de la mesure de la température à coeur d'un produit. Le
terme "mesure de VS" utilisé dans la profession est donc un abus de
langage.
Les valeurs Tref et Z sont imposées pour le calcul de VS ; elles
correspondent à un germe de référence : le Clostridium Botulinum.
Par extension, on peut dire que :
1 minute passée à 121,1°C donne 1 point de VS.
Chaque produit à traiter posséde une charge microbienne spécifique,
variée en genre et en nombre. Il convient donc d'appliquer une VS
minimum adaptée
afin de garantir une réduction suffisante de la flore microbienne (la
VS de 3 est utilisée comme valeur minimale).
A contrario, les qualités organoleptiques d'un produit sont souvent
détériorées par un excès de chaleur et donc de VS. La maîtrise de la
qualité des matières
premières est donc primordiale pour garantir la stabilité de produits
sensibles aux phénomènes de cuisson.
La précision du calcul de VS est directement liée à celle de la mesure
de température, dont elle
découle. Les erreurs de mesures de température ont principalement 3
origines :
- positionnement de la sonde (erreur en dizaines de °C)
- géométrie/dimension de la sonde (erreur en °C)
- précision de la sonde (erreur en dixièmes de °C)
On remarque que l'impact de la qualité métrologique de la sonde est
pratiquement négligeable devant l'impact de ses dimensions et
de son positionnement.
Toutefois, la profession recommande d'utiliser des sondes étalonnées
(au moins une fois par an), avec une dispersion maximale de ±0,25°C.
Notion de VS minimale :
La VS minimale décrit la valeur du
calcul de VS obtenue en cumulant les différents facteurs défavorables
au procédé de stérilisation, à savoir :
- conditions de remplissage du produit dans l'emballage :
température, poids, pression, volume gazeux
- conditions d'encageage : point froid du panier et de
l'autoclave
- conditions d'autoclavage : charge critique, entretien
critique de chaque autoclave
et fonctionnement critique de la batteries d'autoclaves
La VS minimale ainsi calculée doit satisfaire le niveau de
destruction requis. Ainsi, la stabilité du produit est
garantie et répond au terme de "conserve alimentaire".
Si la VS minimale est inférieure au minimum requis, on a généralement
recours à une
augmentation de la durée ou de la température de traitement. Toutefois,
il est souvent possible d'obtenir le même résultat en réduisant les
dispersions de VS (et donc augmenter la valeur de la VS minimale) par
une adaptation du barème de
stérilisation. Cette méthode permet d'éviter l'allongement des temps de
cycle et l'accroissement des dégradations par sur-cuisson.
Valeur pasteurisatrice :
La valeur pasteurisatrice (notation VP) tout comme la
Valeur Stérilisatrice (VS),
décrit un niveau de destruction bactérien. La formule de calcul est la
même, à savoir :
Ici, les valeurs de Tref et de Z sont adaptées au micro-organisme que
l'on souhaite particulièrement étudier. Il existe ainsi un grand nombre
de calculs possibles de la VP en fonction des valeurs de Tref et Z
utilisées. Le couple Tref =70 et Z=10°C est très fréquent ; la VP visée
est généralement de 1000 points ou minutes pour une DLC de 42 jours. Il
est important de préciser les valeurs de Tref et Z dès que l'on sort de
ce standard, sous peine de faire de grossières erreurs.
Valeur cuisatrice :
La valeur cuisatrice (notée VC) se calcule avec la même formule que la
VS ou la
VP. Les valeurs de Tref et
de Z décrivent alors la loi comportementale d'un aspect particulier du
produit, comme la couleur, la texture, la vitesse de destruction d'une
vitamine, etc...
Il existe donc plusieurs VC possibles pour un produit homogène et
plusieurs dizaines de VC possibles pour un plat cuisiné. Cette
diversité rend son exploitation délicate d'autant que les paramètres
Tref et Z ne sont pas toujours connus pour quantifier l'aspect souhaité.
Contrairement à la VP ou à la VS, le point d'observation
ne sera pas forcément le "point froid" mais pourra être le
"point chaud" pour rendre
compte des dégradations maximales. Ce point chaud est en périphérie de
l'emballage et, le plus souvent, sur la couche supérieure de la charge
traitée.
Micro-ondes
Les matériels à chauffage micro-ondes sont de plus en plus présents
dans l'industrie agroalimentaire. Ils peuvent être exploités en
combinaison
avec de la vapeur ou des infra-rouges pour réduire la durée de montée
en
température au coeur des produits.
D'autres appareils à chauffage
purement micro-ondes, en batch ou en continu, existent également pour
les opérations de tempérage des surgelés et de pasteurisation de
barquettes ou de poches plastiques.
Comme pour les fours micro-ondes
domestiques, la présence de métal peut générer des arcs électriques
destructeurs, notamment pour les équipements électroniques.
Introduire
un capteur embarqué, contenant des composants métalliques, afin de
réaliser une mesure de température
ressemble donc à une gageure. Jusqu'à peu, le seul moyen de réaliser
une mesure de température consistait à utiliser des sondes à fibre
optique. Cet appareillage
offre des mesures précises mais s'accomode difficilement des
équipements continus et reste toujours d'une mise en oeuvre délicate.
Son usage est généralement cantonné aux services de développement,
d'autant que son coût demeure élevé.
Après un développement conséquent
sur l'extrême miniaturisation des électroniques embarquées et la
géométrie des boîtiers de protection, AXITHERM est fière de vous
proposer aujourd'hui des enregistreurs compatibles avec tous les
procédés micro-ondes. La gamme des
capteurs
AXImini (type L, M et H),
d'un coût réduit, permet de couvrir l'ensemble des besoins de
contrôle et de mise au point pour les produits traités par un
procédé micro-ondes ou un système combiné.
La Radio - wireless
La
radio connaît un essor important dans diverses industries. Dans notre
domaine, la transmission des données d'un capteur à son
système
d'acquisition est
classiquement assuré par une liaison filaire. Il tend
désormais à
évoluer vers une liaison radio.
Simple d'installation, cette nouvelle technologie dans
l'agro-alimentaire connaît tout de même deux restrictions :
- la portée du signal (de moins en moins problématique),
- la capacité de franchissement, par exemple : les ondes radio ne
traversent pas le métal.
Pour exploiter la transmission de données par radio dans un
autoclave,
une
cellule de cuisson, ou tout autre
équipement métallique et clos, 2 méthodes sont alors possibles :
1-
Transmission radio à l'intérieur de l'enceinte, puis reprise en filaire
via l'antenne de réception dont le câble passera au-travers de la
cloison métallique. L'ordinateur qui affiche les données en temps réel
est alors relié en filaire ou par un nouveau relais radio.
2-
Transmission de données filaire de l'intérieur et jusqu'à l'extérieur
de l'enceinte, puis un relais radio jusqu'à l'ordinateur d'affichage.
La
première méthode est séduisante car elle permet d'instrumenter des
autoclaves à chargement entièrement automatisé, mais présente également
de gros inconvénients :
- surcoût très élevé par rapport aux instruments purement filaires ;
- limitation importante du nombre de capteurs utilisés simultanément
dans l'enceinte instrumentée ;
- risques de ruptures de communication avec les autoclaves rotatifs
comprenant beaucoup d'intercalaires métalliques.
La
deuxième méthode nécessite une intervention humaine pour connecter les
capteurs après le chargement mais offre également de précieux avantages
:
- pas de surcoût par rapport aux instruments entièrement
filaires ;
- pas de limitation du nombre de capteurs utilisés simultanément dans
l'enceinte instrumentée ;
- possiblité de travailler en supervision sur plusieurs enceintes ;
- aucun risque de rupture de communication.
Pour ces différentes raisons, AXITHERM a choisi cette deuxième méthode,
économique, sûre et polyvalente.
Par
ailleurs, nous avons fait évoluer notre gamme de capteurs AXIfil pour
qu'elle soit entièrement compatible avec notre centrale
d'acquisition filaire et nos relais radio. Cet aménagmenet
vous
permet d'évoluer du filaire à la radio en toute simplicité et à moindre
coût.
Le système radio développé par AXITHERM présente un intérêt
supplémentaire pour les autoclaves rotatifs en offrant une meilleure
précision de mesure par rapport au traditionnel système filaire. En
effet, la suppression du commutateur rotatif, indispensable aux sondes
entièrement filaires, élimine les imprécisions parfois importantes
qu'il induit, notamment vis-à-vis de la mesure de température.